Elfs-School
Bienvenue !


Dans l'Univers d'Elfs-School, les êtres magiques peuvent aller et venir entre deux mondes sans représailles, et inversement.

Dans le Monde Magique, la guerre, courte mais intense a eu raison de la volonté du Roi et de la noblesse. Ils s’effacent petit à petit du pouvoir...préférant oublier ou repousser leurs responsabilités. La Monarchie s’essouffle et l’ensemble des sangs bleus souhaitent se détacher de leurs obligations pour venir à un système plus moderne.

Intéressés par la nouveauté et l’évolution exponentielle chez les Humains, beaucoup décident alors de revenir ou de vivre au grand jour, loin de la cour, chez les humains, laissant le Monde Magique se suffire à lui-même...mais ne se doutant pas un seul instant que “qui va à la chasse...”...

Dans le Monde des Humains, c’est ainsi qu’Elfs-School est créée. Il s’agit alors de la première école accueillant ouvertement des êtres magiques ou des humains aux capacités extraordinaires...


...Mais avec l’affaiblissement des grandes familles ayant plus ou moins délaissés (ou délégués) leurs trônes et la bonne entente constatée entre humains et êtres magiques, une nouvelle institution a fait son apparition: le Conseil de la Coexistence.

Ce dernier s’est petit à petit affirmé au sein du Monde Magique et influence de plus en plus le Monde des Humains, prônant une Paix idyllique entre les deux territoires. Mais le Premier Ministre, à la tête du CC, froid et mystérieux, a des ambitions peut-être bien moins honorables qu’il n’y paraît...

La vie politique rattrape donc l’ensemble des créatures...et en ces temps instables, celles-ci devront bientôt faire un choix. Le retour d'un Roi ? La suprématie d'une démocratie corrompue ? A moins que l'anarchie ne vienne elle aussi prendre sa place dans le jeu.


Quel rôle tiendras-tu dans cet échiquier géant ? Quelles seront tes convictions politiques ?


Viens nous rejoindre pour le découvrir !

[ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires. - Page 2 Cab4

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 [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires.

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Night Elensar
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MessageSujet: Re: [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires.   [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires. - Page 2 Icon_minitimeLun 7 Mar - 18:37

Acte I, Scène I, Roméo et Juliette, William Shakespeare, Gallimard, 2016.


BENVOLIO
Mais qu'est-ce donc que cette tristesse
Qui allonge les heures de Roméo ?

ROMEO
Ne pas avoir ce qui les rend trop brèves,
Dès qu'on le tient.

BENVOLIO
Amoureux ?

ROMEO
Dépourvu...

BENVOLIO
D'amour ?

ROMEO
Des faveurs de celle que j'aime.

BENVOLIO
Las! se peut-il qu'Amour, si doux d'aspect
Se révèle à l'épreuve un tyran si rude !

ROMEO
Hélas ! Comment fait-il, Amour, les yeux bandés,
Pour suivre les chemins où son désir le porte ?
Où allons-nous dîner ? Ah, diable ! Quel combat
Y a-t-il eu ici ?... Mais ne m'explique rien,
Car j'ai tout entendu? Beaucoup de haine
Ici, mais plus d'amour encore... Oh, pourquoi, pourquoi,
Cet amour querelleur ! Cette haine amoureuse,
Ce tout créé d'un rien ! Légèreté pesante,
Sérieuse vanité, innommable chaos
Des formes les plus belles, plume de plomb,
Lumineuse fumée, feu froid, santé malade,
Sommeil qui toujours veille et n'est point ce qu'il est.
Je ressens cet amour, sans y trouver d'amour...
Tu ne ris pas ?

BENVOLIO
Non, mon cousin, plutôt je pleurerais.

ROMEO
Noble coeur ! Et pourquoi ?

BENVOLIO
Du fardeau qui accable ton noble coeur.

ROMEO
Ah, voilà bien les empiétements de l'amour !
Mes souffrances déjà pèsent lourdement sur mon coeur
Et, en les surchargeant de ces autres, les tiennes,
Tu viens de les aggraver ! Cet amour que tu me prodigues
Ajoute encore à l'excès de mes maux.
L'amour est la fumée qu'exhalent nos soupirs.
Purifié, c'est un feu dans les yeux des amants,
Contrarié, une mer qui grossissent leurs larmes.
Qu'est-il encore ? Une folie très sage,
Un fiel qui nous étouffe, un baume qui nous sauve.
Au revoir, mon cousin.

BENVOLIO
Doucement ! Je vais avec toi.
M'abandonner ainsi, c'est me faire offense !

ROMEO
Bah, je me suis abandonné moi-même,
Je ne suis pas ici... Ce n'est pas Roméo.
Il est quelque autre part...

BENVOLIO
Plus de plaisanteries: qui aimes-tu ?

ROMEO
Faudrait-il des sanglots pour te l'avouer ?

BENVOLIO
Des sanglots ? Certes pas
Mais ne plaisante plus, et dis-moi qui.

ROMEO
Demande à un malade de préparer
Son testament sans plaisanteries ! Mot malheureux
A l'adresse d'un malheureux ! Sans plaisanter ?
J'aime, cousin....une femme.

BENVOLIO
Je l'avais presque pensé en te voyant amoureux.

ROMEO
Tu vises bien. Et celle que j'aime est belle.

BENVOLIO
Qui vise belle cible, cousin, la touche vite.

ROMEO
Eh bien, tu l'as manquée. Car celle-là
Ne sera pas touchée par les flèches du dieu d'amour.
Elle a de Diane l'âme sage et défendue
Par sa cuirasse impénétrable, la chasteté,
Elle vit sans souffrir des traits débiles
De l'enfant Cupidon. Les mots d'amour,
Elle se dérobe à leur siège. Les regards meurtriers,
Elle en repousse l'assaut. L'or qui vaincrait une sainte,
Elle lui ferme son sein. Oh, elle est riche de sa beauté
Bien que pauvre, c'est vrai, puisqu'à sa mort
Tout son bien périra avec sa beauté.

BENVOLIO
Elle a donc fait serment de vivre chaste ?

ROMEO
Oui, et gaspille beaucoup dans cette avarice,
Puisque de sa beauté, que sa rigueur épuise,
Sera privée toute descendance à venir.
Elle est trop belle et trop sage, et belle trop sagement !
Pour mériter le ciel par mon désespoir
Elle a fait le serment de ne pas aimer. Et ce voeu
Me fait ce mort vivant, qui ne vit que pour te le dire.

BENVOLIO
Laisse-moi te guider. Oublie de penser à elle.

ROMEO
Bon, apprends-moi comment on oublie de penser.

BENVOLIO
En rendant à tes yeux leur liberté.
Reconnais la beauté d'autres créatures.

ROMEO
C'est le moyen, puisqu'elle est si exquise,
De penser à la sienne d'autant plus !
Ces heureux masques, qui baisent sur le front les jolies jeunes femmes,
C'est parce qu'ils sont noirs qu'on croit qu'ils cachent des lys.
Et cet homme soudain aveugle, oubliera-t-il
Le trésor de ses yeux perdus ? Ah, mon cher, montre-moi
Une amante parfaite. Qui me sera
Sa beauté, sauf un mémento, où je pourrai lire
Celle qui éclipsait toute perfection ? Au revoir,
Tu ne pourras m'apprendre à oublier.

BENVOLIO
Je te l'enseignerai, sinon je mourrai en dette.


Ils sortent.


- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -


Acte I, Scène III, Roméo et Juliette, William Shakespeare, Gallimard, 2016.

BENVOLIO
Bah, mon ami, un feu éteint un autre feu,
Une douleur est amoindrie par de nouvelles souffrances,
Tourne jusqu'au vertige, et tu iras mieux
En tournant à rebours; une peine désespérée
Guérit dans les langueurs d'un désespoir autre.
Infecte ton regard d'un venin nouveau,
Et le premier perdra sa force maligne.

ROMEO
La feuille du plantain est souveraine pour ça ?

BENVOLIO
Pour quoi, s'il te plait ?

ROMEO
Pour les jambes cassées.

BENVOLIO
Diable, Roméo, es-tu fou ?

ROMEO
Pas fou, mais mieux ligoté qu'aucun fou.
Bouclé dans un cachot, gardé sans nourriture,
Fouetté, tourmenté...

[...]

BENVOLIO
A ce festin traditionnel des Capulet
Soupe la belle Rosaline, celle que tu aimes si fort,
Et toutes les beautés fameuses de Vérone.
Vas-y, et d'un regard sans préjugé
Compare son visage à certains que je te dirai.
Je veux te faire voir un corbeau dans ton cygne.

ROMEO
Si la dévote religion de mes regards
Admet pareille fausseté, que mes larmes deviennent flammes,
Et que ces yeux, si souvent noyés sans qu'ils meurent,
Clairement hérétiques soient brûlés
Pour m'avoir tant menti. Une femme plus belle que mon amour !
Le soleil qui contemple tout n'a jamais vu son égale
Depuis l'aube de l'univers !

BENVOLIO
Bah, tu l'as trouvé belle pour l'avoir un jour trouvée seule,
Et à elle seule opposée dans la balance de tes deux yeux.
Mais cet objet de ton amour, sur ces plateaux de cristal,
Confronte-le à telle ou telle jeunes femmes
Que je te montrerai ce soir, brillantes dans la fête,
Et tu estimeras tout juste passable
Ce que tu croyais le meilleur.

ROMEO
J'irai, mais non pour voir ce que tu me dis.
Je veux me délecter des charmes de ma belle.


Ils sortent.


- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -


Acte I, Scène IV, Roméo et Juliette, William Shakespeare, Gallimard, 2016.


MERCUTIO
Vous êtes amoureux. Prenez les ailes d'Eros,
Elancez-vous plus haut que nos bonds vulgaires.

ROMEO
Je ressens trop l'élancement de ses atteintes,
Pour m'élancer sur ses ailes légères,
Et bondé que je suis de malheurs, je ne puis
Bondir plus haut que leur morne tristesse.
Je meurs sous l'accablant fardeau de mon amour.

MERCUTIO
C'est plutôt lui qui porterait votre fardeau
Si vous mouriez en lui - et ce serait
Presser un peu trop fort chose si tendre...

ROMEO
L'amour, une chose tendre ? C'est bien trop dur,
C'est un dard bien trop pénétrant, brutal, fougueux.

MERCUTIO
S'il est dur avec vous, soyez-le autant avec lui,
Percez l'amour qui vous perce, possédez-le....
Moi, qu'on me donne un étui pour y fourrer mon visage,
Un masque pour le masque ! Peu me chaut
Q'un oeil curieux commente mes laideurs.
Voici les gros sourcils qui rougiront pour moi.

Il met un masque.


- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -


Acte I, Scène V, Roméo et Juliette, William Shakespeare, Gallimard, 2016.


JULIETTE
Les saints ne bougent pas, même s'ils exaucent les voeux.

ROMEO
Alors ne bouge pas, tandis que je recueille
Le fruit de mes prières. Et que mon péché
S'efface de mes lèvres grâce aux tiennes.

Il l'embrasse.

JULIETTE
Il s'ensuit que ce sont mes lèvres
Qui portent le péché qu'elles vous ont pris.

ROMEO
Le péché de mes lèvres ? Ô charmante façon
De pousser à la faute ! Rends-le-moi !

Il l'embrasse à nouveau.

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MessageSujet: Re: [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires.   [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires. - Page 2 Icon_minitimeMer 23 Mar - 23:20

Citation :
« Il n'y a pas de religion sans amour, et les gens pourront parler autant qu'ils le voudront de leur religion, s'ils n'apprennent pas à être aussi bons avec les animaux qu'avec les humains, c'est une imposture »
— Black BeautyChapitre 13, dernier paragraphe.
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MessageSujet: Re: [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires.   [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires. - Page 2 Icon_minitimeSam 2 Juil - 11:45

"Mademoiselle,

Je ne suis pas ce que l'on pourrait appeler un prince charmant. Entre parenthèses, je trouve que les princes charmants ont toujours tendance à afficher un petit air d'autosatisfaction qui me dérange et qui ne les rend pas spécialement sympathiques. Pas plus que je ne suis un prince charmant, je n'ai pas de destrier blanc. Il m'arrive à moi aussi de jeter des pièces dans les fontaines quand l'occasion se présente. Je n'ai pas de poireau disgracieux au menton ni de cheveux sur la langue mais je suis nanti d'un vrai nom à la con qui vaut bien à lui seul tout les poireaux et zézaiements du monde.
J'aime les livres, même si je passe le plus clair de mon temps à les détruire. J'ai pour tout bien un poisson rouge qui s'appelle Rouget de Lisle et compte pour seuls amis un cul-de-jatte qui passe son temps à rechercher ses jambes et un versificateur qui ne sait parler qu'en alexandrins.
J'ajouterais enfin que depuis quelques temps, j'ai découvert qu'il existait sur cette planète un être qui avait le pouvoir de faire paraître les couleurs plus vives, les choses moins graves, l'hiver moins rude, l'insupportable plus supportable, le beau plus beau, le laid moins laid, bref, de me rendre l'existence plus belle. Cette personne c'est vous, Julie. Alors, même si je ne suis pas un adepte du Speed dating, je vous demande, non, je vous supplie de bien vouloir m'accorder huit minutes de votre vie (je trouve que sept n'est pas un très beau chiffre, surtout pour une rencontre).
Je dois maintenant plaider coupable. Coupable d'être entré dans votre existence par l'intermédiaire de cette clé trouvée dans le RER il y a de cela trois semaines. Sachez que si je me suis ainsi introduit dans votre vie, ça n'était au départ qu'avec l'unique intention de vous retrouver afin de vous rendre la clé et les écrits qu'elle contenait, même si cette intention s'est peu à peu muée en un profond désir de vous rencontrer. Aussi, pour me faire pardonner, permettez-moi de vous offrir cette faïence supplémentaire pour l'ajouter à votre recensement de demain. Car, quoi que l'on puisse penser, rien n'est jamais figé dans la vie. Même un nombre aussi laid que 14 717 peut finir un jour par s'embellir à condition qu'on l'y aide un peu. Je conclurai avec cette formule qui, j'en conviens, fait un peu ampoulée sur les bords mais je crains de n'avoir plus jamais l'occasion ni l'envie d'écrire à quelqu'un d'autre qu'à vous: mon destin est entre vos mains."


C'était signé Guylain Vignolle, avec, en dessous, un simple numéro de téléphone. Ce mec était peut-être taré mais il m'avait mise dans un drôle d'état. J'ai secoué l'enveloppe et la clé est tombée sur la table. La rouge grenat. Cela faisait trois semaines que je la cherchais partout, depuis le jour où j'avais emprunté le RER pour me rendre chez Josy. J'ai relu une première fois la lettre, puis une deuxième. J'ai passé je crois la journée à la relire, cette fichue lettre. A y revenir sans cesse, m'y replongeant à la moindre occasion, entre deux coups de torchette ou deux giclées d'eau javellisée. A en savourer chaque mot, à tenter de mettre un visage, une voix sur ce gars et son nom à la con comme il dit. Aujourd'hui, bizarrement, les pièces ont tinté différemment contre la porcelaine de ma soucoupe, les heures se sont écoulées plus vite, la lumière des néons était plus chaude, les gens m'ont semblé plus sympathiques qu'à l'accoutumée. Le soir, bien au chaud sous ma couette, je l'ai encore parcourue de long en large, jusqu'à en réciter par coeur chaque phrase.
Avant de m'endormir, j'ai su que j'allais appeler Guylain Vignolles. Je crois même que ma décision était prise avant la fin de la deuxième lecture. L'appeler pour lui dire que ce n'était pas huit pitoyables minutes que j'allais lui accorder mais trois heures, le temps qu'il m'a fallu pour trouver le sommeil. Trois heures pour se raconter, pour nous raconter et aller peut-être là où nos mots ne sont encore jamais allés.


Le liseur du 6h27, Jean-Paul Didierlaurent, Gallimard, Collection Folio, 2014.


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Qui te dit que je trichais ?
- Pardon ?
- Le jour où nous nous sommes rencontrés dans cet amphithéâtre, la feuille que j'ai avalée était peut-être une page blanche. Il ne t'est jamais venu à l'idée que j'avais manigancé ce numéro pour attirer ton attention ?
- Tu aurais pris le risque de te faire exclure de la salle, juste pour attirer mon attention ? Et tu voudrais que je te crois ?
- Je ne courais aucun risque, j'avais passé mes examens la veille.
- Menteuse !
- Je t'avais repéré dans les couloirs de la faculté, et tu me plaisais. Ce jour-là j'accompagnais une amie qui,elle, passait vraiment ses partiels. Elle avait un trac fou, et alors que je la réconfortais devant les portes de l'amphi, je t'ai vu avec ta bouille de pion irrésistible et ta veste trop grande pour toi. Je suis allée m'asseoir à une place libre dans la rangée que tu surveillais, et tu connais la suite...
- Tu aurais fait tout cela, juste pour me rencontrer ?
- Ce serait flatteur pour ton ego, n'est-ce pas ? me lança Keira tout en me faisant du pied sous la table.
Je me souviens encore avoir rougi, comme un enfant que l'on surprend perché sur un tabouret devant l'armoire à confitures. J'étais plutôt mal à l'aise mais il était hors de question de le lui montrer.
- Tu as triché ou pas ? demandai-je.
- Je ne te le dirai pas ! Les deux scénarios sont possibles, je te laisse choisir. Soit tu mets en doute mon honnêteté et tu fais de moi une vraie allumeuse, soit tu préfères la version antisèche, et cela fait de moi une horrible tricheuse.


Le Premier Jour, Marc Levy, Robert Laffont, Collection Pocket, 2009.


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MessageSujet: Re: [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires.   [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires. - Page 2 Icon_minitimeLun 19 Sep - 22:44

"Tu verras, le plus dur c'est pas les Allemands, c'est pas l'Abwehr, c'est l'humanité. Parce que si on ne devait craindre que les Allemands, ce serait facile: les Allemands, on les repère de loin, avec leur nez plat, leurs cheveux blonds et leur gros accent. Mais ils ne sont pas seuls, il ne l'ont jamais été d'ailleurs: les Allemands ont réveillé des démons, ils ont suscité les vocations de la haine. Et en France aussi, la haine est populaire, la haine de l'autre, avilissante, sombre, elle déborde chez tout le monde, chez nos voisins, chez nos amis, chez nos parents. Peut-être même chez nos parents. Nous devons nous méfier de tout le monde. Et ce sera ça le plus difficile: ces instants de désespoir où tu auras l'impression qu'il n'y a personne à sauver, que tout le monde se haïra toujours, que la plupart mourront de mort violente, pour ce qu'ils sont, et que seuls les plus discrets et les mieux cachés mourront de vieillesse. Ah, comme tu vas souffrir mon frère, de découvrir combien nos semblables sont souvent haïssables, même nos amis, même nos propres parents je te dis. Et sais-tu pourquoi ? Parce qu'ils sont lâches. Et un jour nous le paierons, nous le paierons car nous n'aurons pas eu le courage de nous élever, de crier contre les actes les plus abjects. Personne ne veut crier, personne; crier ça emmerde les gens. En fait, j'ignore si ça les emmerde ou si ça les fatigue. Mais les seuls qui crient sont ceux que l'on bat, à cause des coups. Et autour, personne n'en ressent de rage, personne pour faire du vacarme. Ça a toujours été comme ça,et ça le restera: l'indifférence. La pire des maladies, pire que la peste et pire que les Allemands. La peste s'éradique, et les Allemands, nés mortels, finiront bien par tous crever. Mais l'indifférence ne se combat pas, ou alors difficilement. L'indifférence est la raison même pour laquelle nous ne pourrons jamais dormir tranquilles; parce qu'un jour nous perdrons tout, non pas parce que nous sommes faibles et que nous avons été écrasés par plus fort que nous, mais parce que nous avons été lâches et que nous n'avons rien fait. La guerre, c'est la guerre. Et la guerre va te faire prendre conscience des plus terribles vérités. Mais la pire de toutes, la plus insupportable, c'est que nous sommes seuls. Seuls à jamais. Et il faudra vivre quand même."

Pages 149, 150 et 151 - Les derniers jours de nos pères, Joël Dicker, De Fallois / Poche, 2015.


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"Lettre IV.
Le Vicomte de Valmont à la Marquise de Merteuil
à Paris.

Vos ordres sont charmants, votre façon de les donner est plus aimable encore, vous feriez chérir le despotisme. Ce n'est pas la première fois, comme vous savez, que je regrette de ne plus être votre esclave; et tout monstre que vous dites que je suis, je ne me rappelle jamais sans plaisir le temps où vous m'honoriez de noms plus doux. Souvent même, je désire de les mériter de nouveau, et de finir par donner, avec vous, une leçon de constance au monde. Mais de plus grands intérêts nous appellent, conquérir est notre destin, il faut le suivre: peut-être au bout de la carrière nous rencontrerons-nous encore, car, soit dit sans vous fâcher, ma très belle marquise, vous me suivez au moins d'un pas égal; et depuis que, nous séparant pour le bonheur du monde, nous prêchons la foi chacun de notre côté, il me semble que dans cette mission d'amour, vous avez fait plus de prosélytes que moi. Je connais cependant, votre ardente ferveur; [...]
Ne vous fâchez pas et écoutez-moi. Dépositaire des secrets de mon coeur, je vais vous confier le plus grand projet que j'ai jamais formé. Que me proposez-vous ? de séduire une jeune fille qui n'a rien vu, ne connaît rien, qui, pour ainsi dire, me serait livrée sans défense; qu'un premier hommage ne manquera pas d'enivrer et que la curiosité mènera peut-être plus vite que l'amour. Vingt autres peuvent y réussir comme moi. Il n'en est pas ainsi de l'entreprise qui m'occupe; son succès m'assure autant de gloire que de plaisir, l'amour qui prépare ma couronne hésite lui-même entre le myrte et le laurier, ou plutôt, il les réunira pour honorer mon triomphe. Vous-même, belle amie, vous serez saisie d'un saint respect, et vous direz avec enthousiasme: "Voilà l'homme selon mon coeur". Vous connaissez la Présidente de Tourvel, sa dévotion, son amour conjugal, ses principes austères. Voilà ce que j'attaque; voilà l'ennemi digne de moi, voilà le but que je prétends atteindre:
Et si de l'obtenir je n'emporte le prix
J'aurais du moins l'honneur de l'avoir entrepris.
[...]
Me voilà donc, depuis quatre jours, livré à une passion forte. Vous savez si je désire vivement, si je dévore les obstacles: mais ce que vous ignorez, c'est combien la solitude ajoute à l'ardeur du désir. Je n'ai plus qu'une idée, j'y pense le jour, et j'y rêve la nuit. J'ai bien besoin d'avoir cette femme, pour me sauver du ridicule d'en être amoureux: car où ne mène pas un désir contrarié ? Ô délicieuse jouissance ! Je t'implore pour mon bonheur et surtout pour mon repos. Que nous sommes heureux que les femmes se défendent si mal ! Nous serions auprès d'elles de timides esclaves. J'ai dans ce moment un sentiment de reconnaissance pour les femmes faciles, qui m'amène naturellement à vos pieds. Je m'y prosterne pour obtenir mon pardon, et j'y finis cette trop longue lettre. Adieu, ma très belle amie; sans rancune.

Du château de..., ce 5 août 17**"

Pages 28-29-30 et 31 - Les Liaisons Dangereuses, Choderlos de Laclos, Pocket, Classique, 2008.
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MessageSujet: Re: [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires.   [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires. - Page 2 Icon_minitimeVen 30 Sep - 20:42

Histoire d'O  - Pauline réage

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MessageSujet: Re: [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires.   [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires. - Page 2 Icon_minitimeJeu 13 Oct - 18:30

"Vous croyez en Dieu, Monsieur Langdon ?"

[ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires. - Page 2 13925310

Anges et Démons, Dan Brown.
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MessageSujet: Re: [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires.   [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires. - Page 2 Icon_minitimeDim 6 Nov - 19:24

"Bon, tu veux mon avis ? Je vais te le donner de toute façon. Tu es mariée à un salaud. La vraie question, et elle est assez simple, est de savoir si ses qualités rendent ses défauts aimables. Non, la vraie question est de savoir pourquoi tu es amoureuse de lui s'il te rend malheureuse. A moins que tu ne sois amoureuse de lui précisément parce qu'il te rend malheureuse."


"Vos animaux de compagnie:
Mon futur ex-mari."


"Pourquoi les filles tombent-elles raides amoureuses d'hommes qui les font souffrir et traitent avec indifférence ceux qui seraient prêts à leur décrocher la lune ?
- Ah, je vois...parce que vous, vous êtes du genre ami Pierrot.
- Non, mais parce que ma femme était comme vous quand je l'ai rencontrée. Éperdue d'un bellâtre qui lui tordait le coeur. Parce qu'il lui aura fallu deux ans pour le comprendre et ces deux années perdues me rendent encore fou de rage, car nous aurions pu les vivre ensemble.
- Et alors, ce n'est pas si grave, deux ans. Quelle importance, puisque l'histoire s'est bien finie.
- Posez-lui la question, vous n'avez qu'à descendre la rue Lepic, elle est au cimetière de Montmartre, c'est juste en bas de la Butte.
- Pardon ?
- Une belle journée, comme celle-ci,jusqu'au moment où un camion nous a coupé la route, nous étions à moto.
- Je suis désolée, murmura Mia en baissant les yeux.
- Ne le soyez pas, ce n'est pas vous qui conduisiez.
Mia hocha la tête, recula et repartit vers son banc.
- Mademoiselle !
- Oui, dit-elle en se retournant.
- Chaque journée compte."


"Pourquoi les personnages de roman auraient-ils plus de courage que nous ? Pourquoi osent-ils tout et nous si peu de choses ? Est-ce leur liberté qui est la source de leur accomplissement ?"


"Le seul amour fidèle est l'amour-propre."
Sacha Guiltry.



Elle & lui, Marc Levy, Robert Laffont, Pocket, 2016.
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MessageSujet: Re: [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires.   [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires. - Page 2 Icon_minitimeJeu 8 Déc - 21:01

"La chanson s'est terminée et je me suis laissée tomber à ses pieds, hors d'haleine.
- Tu..., a-t-il dit.
- Quoi ? ai-je demandé avec un sourire espiègle.
Je sentais l'électricité qui parcourait tout mon corps. Je ne répondais plus de rien.
Il a secoué la tête.
Lentement, je me suis relevée, toujours pieds nus, pour venir jusqu'à son fauteuil et me glisser sur ses genoux, mon visage à quelques centimètres seulement du sien. Après la nuit précédente, ça ne me paraissait pas un si grand pas à franchir.
- Tu...
La lueur des flammes faisait briller ses yeux bleus rivés aux miens. Il sentait le soleil, le feu et encore autre chose de vif et d'acidulé.
J'ai senti quelque chose qui cédait au plus profond de moi.
- Tu...es vraiment unique, Clark.
J'ai alors fait la seule qui m'est venue à l'esprit. Je me suis penchée sur lui et j'ai posé mes lèvres sur les siennes. Il a hésité un très court instant, puis il m'a embrassée. Et moi, j'ai absolument tout oublié - les mille et une raisons pour lesquelles je n'aurais pas dû faire ce que je faisais, mes peurs, et même ce qui nous valait d'être là. Je l'ai embrassé en inspirant avidement l'odeur de sa peau, en caressant ses cheveux sous mes doigts. Et quand il m'a rendu mon baiser, tout s'est évanoui; il n'y avait plus que Will et moi, sur une île au milieu de nulle part, sous un millier d'étoiles scintillantes.
Puis il s'est reculé.
- Je...je suis désolé. Non...
J'ai rouvert les yeux et porté une main à son visage pour caresser ses traits fins. J'ai senti d'infimes cristaux de sel sous mes doigts.
- Will..., ai-je dit. Tu peux. Tu...
- Non, a-t-il répété d'une voix aux accents métalliques. Je ne peux pas.
- Je ne comprends pas.
- Je ne veux pas me lancer là-dedans.
- Hmm...je crois au contraire que tu dois te lancer.
- Je ne peux pas faire ça parce que je ne peux pas... Je ne peux pas être l'homme que je voudrais être avec toi, a-t-il dit, la gorge nouée. Et ça signifie que tout ça...tout ça n'est rien d'autre...qu'un rappel de ce que je ne suis pas, a-t-il ajouté en levant les yeux vers moi.
Je ne me suis pas détournée. J'ai incliné ma tête pour venir poser mon front contre le sien, pour que nos deux souffles soient mêlés, et j'ai parlé, tout doucement, pour que lui seul puisse m'entendre.
- Je me fous de ce que tu...de ce que tu penses pouvoir faire et ne pas faire. Rien n'est tout noir ou tout blanc. Honnêtement, j'ai parlé avec d'autres personnes dans la même situation et...et certaines choses sont possibles. Il y a des méthodes pour que nous soyons heureux tous les deux...
Je m'étais mise à bégayer un peu. Cette conversation me procurait un sentiment étrange. J'ai plongé mon regard dans le sien.
- Will Traynor, ai-je repris tout doucement. Ecoute-moi. Je crois que nous pouvons...
- Non, Clark...
- Je crois que nous pouvons faire toutes sortes de choses. Je sais que ceci n'est pas une histoire d'amour classique. Je sais que, pour un tas de raisons, je ne devrais pas dire ce que je suis entrain de dire. Mais je t'aime. Vraiment. Je le savais lorsque j'ai quitté Patrick. Et je pense que tu m'aimes un petit peu.
Il n'a rien répondu mais ses yeux ont sondé les miens, et j'ai vu la tristesse immense qu'ils contenaient. D'une main caressante, j'ai repoussé ses cheveux sur ses tempes, comme si ce geste pouvait alléger son chagrin, et il a laissé aller sa tête contre ma paume.
[...]
- Je sais que nous pouvons le faire, ai-je ajouté. Je sais que ce n'est pas ce que tu aurais choisi, mais je sais aussi que je peux te rendre heureux. Et tout ce que je peux dire, c'est que tu as fait de moi quelqu'un que je n'aurais jamais imaginé devenir, même dans mes rêves les plus fous. Tu me rends heureuse, même quand tu dépasses les bornes. Je préfère être avec toi -même dans cette version de toi-même que tu imagines diminuée - qu'avec n'importe qui d'autre au monde.
J'ai senti des doigts serrer les miens une seconde, et ce geste m'a donné du courage.
[...]
Qu'en dis-tu ? ai-je demandé dans un souffle.
J'aurais pu regarder dans ses yeux le restant de mes jours.
Il m'a donné sa réponse sur un ton si tranquille et posé que, pendant une minute, j'ai bien cru avoir mal entendu.
- Quoi ?
- Non, Clark.
- Non ?
- Je suis désolé, mais ce n'est pas assez.
J'ai reposé ses mains.
- Je ne comprends pas.
Il a attendu avant de parler, comme si, pour une fois, il luttait pour trouver ses mots.
- Ce n'est pas assez pour moi. Tout ça - mon monde -, même avec toi dedans. Et crois-moi, Clark, ma vie entière est devenue meilleure depuis que tu es là. Mais ce n'est pas assez pour moi. Ce n'est pas la vie que je veux.
Cette fois c'est moi qui me suis reculée.
[...]
- Mais tu refuses d'essayer, de nous laisser une chance, ai-je répliqué dans un souffle. Tu ne me laisses aucune chance.
- Il ne s'agit pas de te laisser une chance. Je t'ai observée au cours de ces six mois. Je t'ai vue devenir une autre personne qui en est seulement à entrevoir l'éventail des possibles. Tu ne peux pas imaginer à quel point ça m'a rendu heureux. Je ne veux pas que tu sois liée à moi et aux restrictions que ma vie impose. Je ne veux pas que tu passes à côté de toutes ces choses que quelqu'un d'autre pourrait t'apporter. Et, plus égoïstement, je ne veux pas que tu me regardes un jour en éprouvant ne serait-ce que la plus infime once de regret ou de pitié...
- Jamais je ne pourrais ressentir une chose pareille !
- Tu ne sais pas, Clark. Tu ne peux pas prédire comment les choses évolueront, ni même comment tu te sentiras dans six mois. Et moi, je ne veux pas te regarder tous les jours, te voir nue, ou en train d'aller et venir  dans l'annexe dans tes tenues démentes et..., et ne pas être capable de faire ce que je voudrais faire avec toi. Oh Clark, si seulement tu pouvais imaginer ce que j'aurais envie de te faire, là, maintenant. Et je ne peux pas vivre en sachant cela. Je ne peux pas. Ce n'est pas l'homme que je suis. Je ne peux pas être le brave type qui se contente...d'accepter."

Avant toi, Jojo Moyes, Milady, 2016.
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MessageSujet: Re: [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires.   [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires. - Page 2 Icon_minitimeDim 11 Déc - 21:49

Sa voix s'était brusquement éteinte, j'avais paniqué et relevé la tête. Il semblait tellement fatigué. Il avait puisé ses dernières forces pour moi, comme toujours. Je m'étais collée à lui pour l'embrasser, il y avait répondu avec le peu de vie qui lui restait. Je m'étais ensuite allongée contre lui, je l'avais aidé à poser sa tête sur moi. Tant qu'il était dans mes bras, il ne pouvait pas me quitter. Colin m'avait murmuré une dernière fois qu'il m'aimait, j'avais tout juste eu le temps de lui répondre avant qu'il ne s'endorme paisiblement. J'étais restée plusieurs heures à le tenir contre moi, je l'avais bercé, je l'avais embrassé, je l'avais respiré. Mes parents avait tenté de me faire partir, j'avais hurlé. Ceux de Colin étaient venu voir leur fils, je ne les avais pas laissés le toucher. Il n'était qu'à moi.

Les gens heureux lisent et boivent du café, Agnès Martin-Lugand, Michel Lafon, 2013.
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MessageSujet: Re: [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires.   [ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires. - Page 2 Icon_minitimeDim 18 Déc - 20:40

"On va tout reprendre à zéro, me dit-il. Ne panique pas.
Je le regardai dans les yeux. La tendresse et l'amour que j'y lus me bouleversèrent. Je ne pouvais pas rester plus longtemps sans rien dire.
- Ecoute-moi, tu veux bien ?
Il me sourit, je serrai ses mains. Je respirai profondément avant de me lancer.
- Je ne pensais pas que ce serait si dur... pendant ton absence, j'ai beaucoup réfléchi à tout ce qui nous est arrivé depuis que je suis ici. Tu es entré dans ma vie et j'ai eu à nouveau envie de me battre, de rire, et de vivre... Tu es devenu si important pour moi, presque essentiel... j'y ai cru...j'y ai tellement cru, mais... en fait, je me suis bercée dans l'illusion que tu allais combler tout le vide à l'intérieur de moi et... que... je pouvais à nouveau aimer...
L'émotion me submergea. Je ne fis aucun effort pour combattre les larmes. Mes mains tremblaient, je serrai plus fort les siennes. Son regard trahissait le mal que j'étais entrain de lui faire. Il fallait pourtant que j'aille au bout.
- Mais je ne suis pas prête... je traîne trop de casseroles. Je ne peux pas exclure Colin, comme tu viens de le faire avec Megan. Si je commence une histoire avec toi, je te reprocherai un jour ou l'autre de ne pas être lui... d'être toi. Je ne veux pas de ça... Tu n'es pas ma béquille, ni un médicament, tu mérites d'être aimé sans condition, pour toi seul et non pour tes vertus curatives. Et je sais que... je ne t'aime pas comme il faut. En tout cas, pas encore. Il faut d'abord que je me reconstruise, que je sois forte, que j'aille bien, que je n'aie plus besoin d'aide. Après ça, seulement, je pourrai encore aimer. Entièrement. Tu comprends ?
Il lâcha mes mains comme si je le brûlais, sa mâchoire se crispa.Je soufflai, regardai en l'air avant d'asséner le coup de grâce:
- Je vais partir, parce que je ne peux pas vivre près de toi.
Ni loin de toi, pensai-je.
[...]
J'essayai d'attraper sa main, il se recula.
- Pardon, murmurai-je.
Il ferma les yeux, serra les poings, prit une profonde inspiration. Puis, sans un regard pour moi, il se leva et s'en alla vers l'entrée.
- Attends, le suppliai-je en courant après lui.
Il ouvrit la porte à la volée, la laissa ouverte, courut vers sa voiture, monta dedans et partit. Je compris à cet instant que je ne le reverrais jamais. Et ça faisait mal, très mal.


Les gens heureux lisent et boivent du café, Agnès Martin-Lugand, Michel Lafon, 2013.


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[ LITTÉRATURE ] Vos plus beaux extraits littéraires.
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